Plumes et Dragons

Mes aventures de la vie de tous les jours... humour, rigolade, ou tristouille, et tout le reste... Et n'en déplaise aux mauvais coucheurs, rien n'est libre de droit sur ce blog : à propos du copitage sauvage : http://nziem2.over-blog.com/article-22673695.

09 novembre 2009

Captain Jack. Suite 5.

Donner la barre à qui la mérite. Surtout pas moi. Capitaine sans courage, je ne suis pas digne d'amener ce vaisseau à sa fin... Mes errances mille fois rebattues par les eaux des tempêtes ne trompent plus personne.

J'ai perdu ma boussole.
J'ai perdu la foi.

Mon coeur s'est brisé en mille lames de glace. Elles ont entaillé mon amour, elles ont transpercé ma peau, elles ont détruit mon honneur.

Fût un temps j'ai chanté, j'ai ri, j'ai vécu la joie et le bonheur. Ce temps n'est plus. Ce temps est révolu. Je ne suis plus qu'un fantôme. Mon coeur enragé n’a que le souvenir de ce qui fût. Mon amour. Celui que je n'oublierai jamais.

Celle que je ne cesserai jamais d'aimer. Ma sirène. Ma joie. Ma souffrance.

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27 octobre 2009

Captain Jack. Suite 4.

(Ceci est une suite, comme je l'ai dit précédemment. Pour lire les 3 premiers posts du "Captain Jack", aller dans "plumitif-essais", ils sont pas loin. Il faut commencer par le plus vieux et remonter)

Touché coulé.

J'ai fini ma bouteille de rhum au lever. Tenir bon la barre et le cap est aléatoire. Je suis saoul. L'équipage me regarde, inquiet. J'ai donné l'ordre de mettre toute la voilure.

Le vent rugit. Bientôt le dragon qui s'y cache se réveillera. Bientôt le bateau flambera malgré la pluie frappant le pont comme autant de balles de mousquet. Bientôt les flots nous engloutiront corps et biens, ou mauvais...
Les vagues passent par dessus le bastingage. Un homme est tombé à la mer. Je ne peux rien pour lui. La tempête fait rage dans ma tête. La folie est là. Dans les nuages se dessinent les ailes de la furie qui me suit depuis notre départ.

J'ai peur. L'alcool n'a pas endormi ma terreur. Contagieuse, je la vois qui gagne les yeux de mes marins.

Tout à coup, une flamme en haut du mât déclenche la panique. De surprise, j'ai lâché la barre et nous avons pris l'eau par le flan. Le navire gite dangereusement. Je ne sais plus que faire pour échapper au monstre qui me guette.

Dans mon coeur résonne sa voix sépulcrale...

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12 octobre 2008

Un truc à lire ce ouikène

si vous n'avez rien d'autre à faire...

Un exercice de style que s'était imposé Delphine, et la suite qu'elle m'a demandée obligée à obligeamment demandé d'écrire.

Bon dimanche à tous !

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30 avril 2008

Captain Jack suite 3.

Sang froid, sans coeur.

Vous serez surpris sans doute d'entendre la houle sous la coque. Le vent dans la voile. La peur dans le regard de celui qui va mourir. Chacun de nous plonge dans l'océan de ses inconscients.

Nos mauvais esprits nous attendent. Enveloppes vides, nous amenons l'enfer à vos portes. Rien ne coule dans nos veines, rien ne bat sous nos côtes, rien en nous pour digérer, nous sommes voués à l'hyperbole du désir sans faim. La fin ne justifie jamais les moyens termes. Nous sommes tous fous.

Nous ne pouvons ni aimer, ni rater, nous ne buvons qu’à la réussite de notre essentiel projet : tuer et mourir. Aucun cerveau dans ces crânes, les yeux roulent dans des orbites creusées. Les cernes noirs montrent l'évidence. A trop scruter l'horizon en quête de pouvoir, on oublie de regarder où poser ses pieds, qui l'on écrase.

Et on coule à trop vouloir voler.

Nul chamane pour nous sauver, nul sorcier pour nous blanchir, nul prêtre pour un apaisement si pratique. Nous sommes maudits.

Comme vous tous. La différence, c'est que nous le savons. Et nous rions aussi.   

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04 avril 2008

Captain Jack. Suite.

Fuyez, pauvres fous !

Fuir ?
Je veux bien. Mais où ? Vers qui se tourner en ce monde où chacun ne pense qu'à soi ? Où aller quand l'être humain impose sa loi partout sur cette terre ? Voguer à perte de vue, transpercer l'horizon de la proue de mon navire, jaillir tel un phénix de l'autre côté de la terre ?  Tenter la traversée des enfers et triompher de la noirceur de mon âme ?

Glisser vers un soleil de feu qui n'en finit pas de tomber dans l'océan, et qui ne s'en relèvera jamais. Les reflets sanguinolents de la lumière sur les vagues ne sont qu'une pâle imitation de la vie. Je vis. Je fuis. Et je suis déjà mort. La mort n'est pas une option. Ce n'est même pas un futur inéluctable. C'est déjà arrivé.

Fuir ? Fuir quoi ? La mort ? Nous le sommes déjà tous !

Partir aux antipodes ? Mais qu'y trouverai-je ? La même chose qu'ici.

La mort est déjà là.

Mes mains sont rouges aussi du sang de mes semblables

et ma rage n'est pas tarie.

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14 mars 2008

Essais de début 2007. "Captain Jack".

Flotter

Flotter au sein du néant, le mur se resserre sur moi. L'angoisse qui m'étreint m'enfonce dans la gorge un cri qui ne sortira pas. Je voudrais hurler. Mais le silence est tout ce que je peux dire.
Je n'ai de force qu'en étant autre que celui que je suis vraiment.

Une image. Une doublure. Un moi qui n'existe pas.

Le fantôme de l'opéra tragicomique qu'est ma vie. Je n'en suis même pas acteur. Je n'en suis qu'un spectateur cynique et aigri. Je ne suis qu'un "comme si".

Il n'y a rien. Autour de moi le vide. En moi le vide.

Ah si ! Il y a la Peur. Celle que je voudrais oublier. Que je ne peux pas oublier.

J'ai tellement honte de ma faiblesse.

(09/02/07)

A quoi bon les couleurs, à quoi bon les sourires, à quoi bon faire semblant d'être vivant ?

Je n'en peux plus.

la schizophrénie me guette.

Une partie de moi veut en finir pour cesser de se souvenir et d'espérer. Une partie de moi se moque parce que je suis faible et lâche. Une partie de moi veut être heureux, aimer et rire. Et une partie de moi aimerait que toutes ces parties de moi se mettent d'accord entre elles afin d'avoir enfin la paix...

La mort peut-être.

(10/02/07)

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14 novembre 2007

Aux gros cons les grands moyens...

Plus de places ! Madame Ledru, célibataire à la cinquantaine enveloppée, pestant et râlant contre ces saletés de touristes, stoppa sa voiture en plein milieu de la rue en sens unique, comme à son habitude quand elle ne trouvait pas où se garer. Elle n'en avait que pour 5 minutes, c'est pas deux usagers pelés qui passeraient le temps qu'elle achète son jambon qui allaient l'empêcher de faire ce qu'elle avait à faire. Elle mit les warnings, la moindre des choses, quand même, puis se précipita dans la charcuterie.

Il y avait deux personnes devant elle. Cette vieille limace de Madame Paulin, et un beau jeune homme qu'elle ne connaissait pas. Celui ci regardait d'un oeil désapprobateur sa voiture bloquant la rue. Elle l'ignora superbement et lança un bonjour à la cantonade. Dieu merci Madame Paulin venait de finir de passer sa commande. Bon, comme d'habitude, elle mettait un temps fou à chercher l'appoint dans son porte monnaie. 36 centimes, ça se trouve pas si facilement pour quelqu'un qui ne voit plus très bien. Hortense Ledru commença par soupirer, puis par grommeler. Elle arracha le porte monnaie des mains de la vieille femme, qui sursauta, en sortit ces foutus 36 centimes, et les jeta sur le comptoir.
-Et voilà, m'ame Paulin, c'est pas bien compliqué quand même !
-Oh, merci, bredouilla la petit vieille. Merci bien de votre amabilité. Ajouta-t-elle un peu plus fort en souriant au jeune homme, qui lui rendit son sourire.

Ledru pesta intérieurement. Mais elle se fichait d'elle, cte antiquité ! Voilà ce que c'est d'aider les gens, hein... Soyez gentil, dieu vous le rendra, tu parles, que des conneries ! La petite dame sortit en trottinant. En même temps entra le père Boudu, qui décrochait jamais les dents, sauf pour dormir...
Le moustachu Colignon, charcutier aux joues roses et rebondies de son état, afficha sa bonhommie naturelle, histoire d'alléger l'atmosphère. :
-A nous jeune homme, qu'est ce qui vous ferait plaisir !

Dans la rue, un magistral coup de klaxon retentit. Les deux clients sursautèrent et se retournèrent, et Colignon faillit se couper. Un 38 tonnes, bloqué derrière la twingo de Madame Ledru.
Colignon sourit :
-M'dame, je crois que vous feriez bien d'aller déplacer votre voiture ! Le conducteur a l'air furax.
-Oh, il attendra, hein, on n'est pas aux pièces, bougonna-t-elle, de fort mauvaise humeur.
-Oh, bon, c'est comme  vous voulez.
Le jeune homme mit un temps fou à passer commande, prenant de tout ou presque. Hortense Ledru continuait à bouillir intérieurement. Il faisait manifestement exprès.
-Bon, c'est pour aujourd'hui ou pour demain ? Vous voyez pas que ma voiture bloque !

Le conducteur du 38 tonnes avait ouvert sa fenêtre, et pestait en regardant alentour, tout en klaxonnant comme un forcené. deux voitures, bloquées derrière lui, klaxonnaient aussi, à présent.
Le grand dadais lui répondit d'un ton affable :
-Mais, madame, si vous avez arrêté votre voiture en plein milieu de la rue, cela n'est pas ma faute. J'ai des achats à faire ici, et je les terminerai. Même si ça vous dérange. Il me semble que vous, vous vous en fichez, de déranger les autres, non ?
Suffoquée par autant de toupet, Mme Ledru ne trouva rien à rétorquer, mais vit bien que Colignon se retournait pour cacher son air réjoui. Elle était en train de préparer une réponse cinglante à ce freluquet mal embouché, quand tout a coup...

KROUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII........

Las de klaxonner dans le vide,  le camionneur avait entrepris de pousser brutalement la twingo, dont les pneux bloqués traçaient des lignes noires sur le bitume... Il était applaudi par les conducteurs derrière lui ainsi que les quelques badauds que le raffût avaient rameutés. La petite voiture finit par se retourner, à moitié sur le trottoir. Après un temps interdit devant autant d'audace,  Hortense sortit de la charcuterie comme une furie, mais le camionneur avait déjà filé.
Elle hurla et demanda si quelqu'un avait relevé sa plaque d'immatriculation. Mais tous la regardaient goguenards, en faisant non de la tête. Elle reconnut un homme qu'elle avait un jour bloqué dans son garage pendant 20 minutes dans cette même rue. Mme Fabre, cte sale bourgeoise à voiture de riche, qu'elle avait traitée de pouffiasse impatiente parce qu'elle osait la klaxonner après seulement 10 minutes d'attente. Le jeune Julien qu'elle avait renversé en s'arrêtant pour se garer sans signaler et sans regarder dans son rétroviseur, heureusement sans trop de mal. Le bel inconnu, appuyé au montant de la porte de la charcuterie, haussa les sourcils et écarta les mains d'un air de dire "vous l'avez bien cherché". Tous la regardaient d'un oeil revanchard. Tous ceux qui avaient subi son sans-gêne à répétition sans rien oser lui dire depuis des années, "c'est une voisine vous comprenez". Ils estimaient qu'elle l'avait mérité. Tous ceux là auxquels elle avait pourtant parfois amené quatre tomates de son jardin, ou dont elle avait gardé les enfants (moyennant finance, bien sûr, on ne vit pas d'eau fraîche...).   Tous des foutus ingrats !

Alors, Madame Ledru, tâchant de rester digne, tourna les talons, et alla d'un pas décidé à la gendarmerie, un peu mortifiée, et rageant de tout son être. Elle porta plainte contre toutes les personnes présentes.

Un an plus tard, on retrouvait Madame Ledru pendue dans sa cuisine. Malgré le fait que tout le monde sait qu'une Madame Ledru jouit de faire chier le monde et n'est jamais dépressive, l'enquête fut rapide et conclut au suicide...

Chut, dans le village, on soupçonne que les gendarmes, las du siège permanent qu'elle leur faisait, assise dans leur salle d'attente avec son tricot et les regardant d'un oeil noir du matin jusqu'au soir, y ont mis fin de façon radicale...

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17 octobre 2007

Georges tout puissant.

Georges était de ces gens qui croient n'avoir pas d'histoire (faites sortir les gosses, c'est pas pour eux).
Il avait grandi dans un petit village de Haute Vienni viedi vieci, et croyait en Dieu, fol qu'il fût. Il allait à la messe tous les dimanches, depuis petit - quand il était pas grand, avec ses parents.

Ceux là... Sa mère se tapait tout ce qui passait à sa portée, (à part les animaux (l'avait des principes)), et son père, coincé définitivement à la maison après une maladie du travail (l'avait attrapé le rhume du coude de la hanche de la vertèbre gauche à force de trop lever les barriques de vinasse à la coopérative (et les verres à boire, elles ont bon dos les barriques, m'enfin bon)), buvait comme un trou pour oublier ses déboires cons et jugaux, et son incapacité à combler celui de sa femme, on est bien peu de chose en somme, et même en multiplication, d'ailleurs.
Mais c'était pas grave, ils se confessaient tous les dimanches, le curé leur donnait trois pater in vino veritas et deux avé Marie couche toi là à réciter, et c'était reparti pour une semaine ! Georges s'en était pris, des torgnoles gratuites d'abruti aviné et des remarques acerbes de vouivre hystéricofrustrée. Mais il n'en voulait pas à son père, le pauvre homme, il vivait avec une salope, fallait bien qu'il ait des compensations. Mais il n'en voulait pas à sa mère, la pauvre femme, elle vivait avec un alcoolique, fallait bien qu'elle ait des compensations.

Georges était bien brave, au sens doux du regard bovin de la vache prégnante et ruminante, si vous voyez ce que je veux dire, et non au sens idiot du taureau qui fonce dans la cape rouge en sachant très bien qu'il va y passer...

Souvent, ses parents se couraient après dans la maison, hurlant et gesticulant comme le mime Marceau qu'aurait oublié ce qu'il faisait (ça se prononce il feuzé, et non il fézé, atteution hein !) dans la vie, parfois avec un couteau à la main. Georges terrifié se cachait sous son lit, se bouchait les oreilles, fermait les yeux, et, constipé par tout ça, priait Dieu que ça ne finisse pas mal, ou si peu. Et ça ne finissait jamais mal. Il ne comprenait pas que c'était une sorte de jeu. L'enfant Georges était un trop gentil garçon pour imaginer que ses parents puissent s'amuser à se torturer mutuellement, dans leur dépendance tordue. Et, Dieu merci, il finissait par aller aux toilettes, ouf, sauvé, une fois que ses parents s'étaient écroulés dans leur chambre.

Georges avait grandi, doucement, effacé et timide, dans le silence de son affabilité, d'une humeur égale (mais constipée) compensant les excès de délire de ses parents. Son père le traitait comme un larbin, sa mère comme s'il n'existait pas ou presque. D'ailleurs, icelle vieillissante ternissait du poil, usée par ses débauches insatisfaisantes. Elle avait beau aller chez le coiffeur pour chasser le naturel, il revenait au galop, et elle n'arrivait plus à séduire quiconque. En plus de grandes rides hideuses tordaient sa bouche dans une moue aigre et mauvaise, et elle s'ennuyait. De dépit, elle faisait de la vie à la maison un enfer, car, c'est bien connu, l'enfer chasse l'ennui à grands coups de latte dans la tronche. Son père buvait davantage, et les bagarres prenaient de l'ampleur...  Georges avait peur qu'un jour l'une d'elle ne soit fatale à l'un des deux (et là, même si on multiplie, ça fait deux komême !). Les coups se faisaient plus violents. L'autre soir, sa mère avait réellement blessé son père au bras d'un coup de couteau. Voyant le sang gicler elle s'était aussitôt affolée, s'excusant, le soignant, et la tension était retombée, 7/5, c'est pas bien haut, mon bon mossieur, va falloir du repos, beaucoup de repos.

Ce soir, voilà que ça recommençait, spirale infernale et sans issue, "faites demi-tour dès que possible" criait le GPS, hélas, yavait belle lurette qu'on n'écoutait plus le Grand Père Sénile (copyright Freefounette, demandez l'autorisation pour vous servir, merci (et moi ce sera un gin coca)) dans cette famille ! Il était mort depuis longtemps, en fait.
la mère, assise à table face à son mari : "Sale ivrogne, tu pourrais pas arrêter de boire un peu ?"
le père : "Si je bois c'est à cause de toi, alors la ramène pas, espèce de teigne. Sinon j'irais parler aux gendarmes de cette jolie couture que tu m'as faite", dit il en tendant son bras sous le nez de sa femme.
la mère : " tu l'avais méritée. J'aurais du te tuer."
le père : "ben vas-y, te gêne pas, essaie un peu pour voir."

Le ton montait. Et Georges, qui avait 16 ans à présent, s'apprêtait à sortir, comme d'habitude. Mais sa mère le prit à parti et par les couilles.
"Georges, reste ici ! Tu crois pas que tu pourrais être un homme, maintenant, et me défendre ?"
Il se figea sur le pas de la porte, puis se tourna lentement vers sa mère (elle avait le bras long, hein !).
"Te défendre ? Mais de quoi ?"
la mère : "de ton père, tu vois bien qu'il va encore s'en prendre à moi."
"mais je t'ai toujours défendue, maman", dit Georges d'une voix douce.
la mère : "tu parles, tu fuis comme une lopette dès qu'on s'engueule, ton père et moi, depuis tout petit. On dirait que tu fais dans ton froc à la simple idée de nous voir nous bagarrer. Un fils digne de ce nom me soutiendrait..."
"Je ne fuis pas. Je vais prier. A chaque fois.". rétorqua Georges de l'air inspiré de celui qui terrasse le dragon sans y toucher.

Sa mère resta interloquée (de porte) deux secondes. Et partit dans un fou rire grasseyant. Le père, le nez rouge et bulbeux dans son verre, commença à rigoler aussi.
La mère, entre deux hoquets hilares : "Ben ça ? Si j'm'attendais... Tu vas PRIER ?"
"ben oui. Et à chaque fois ça a marché. C'est bien vous qui m'avez appris à croire en Dieu, non ?"
Les deux redoublèrent de rire, en se regardant. Georges vit la complicité dans leurs yeux. Il comprit en un éclair que toute sa vie n'était qu'une farce immonde, du genre que sa mère faisait pour les tomates, eurk, (sa mère était une pitoyable cuisinière, à trop avoir les jambes en l'air ! Si vous me croyez pas, essayez vous verrez...) ! Il croyait que ses parents se détestaient vraiment . Il croyait que ses parents étaient croyants.  Il croyait que ses prières marchaient. Il croyait qu'il sauvait ses parents à chaque fois. Et c'était faux. Ah ben merdalore ! Ils ne se seraient jamais entretués. Il voyait, d'un seul coup d'un seul prends ça dans la goule !, que ses parents fonctionnaient d'une façon qu'il ne pouvait pas comprendre.
La stupeur vaporeuse dans son esprit laissa la place à la colère, claire et haute, dégoulinure d'air frais dans son front benêt ! Georges se sentait trahi. Il croyait qu'il parlait à Dieu et que Dieu l'entendait. Mais Dieu n'était pour rien dans tout ça, pas plus que lui. Dieu n'existait pas. Ses deux cinglés de parents, eux, existaient bel et bien. Et se fichaient de sa gueule d'imbécile qu'il était depuis le début !

Ses yeux roulèrent dans ses orbites (trois fois et demi, j'ai compté !), il eût l'impression que de la fumée lui sortait des oreilles (il alla vérifier dans la glace de l'entrée epi il revint, légèrement choqué par le fait que c'était bien le cas). Il se mit à hurler, couvrant les rires de ses parents : "Vous n'êtes que deux dégénérés ! Vous avez fait de ma vie, de mon enfance un enfer et vous vous en foutez !" Et ses parents continuaient à se moquer de lui, son père tapait sur sa cuisse, sa mère se tenait le ventre, ils riaient tellement, ensemble, à ses dépends, qu'il en perdit la tête (aloueeeeeeeeeeeette). C'était la première fois qu'il les voyait rigoler en même temps de la même chose, yavait de quoi être perturbé, non ?

Alors Georges, le si gentil garçon, attrapa le couteau dont sa mère s'était déjà servi et frappa, frappa, et frappa encore. Il les massacra avec toute la fureur (achtung !) dont il était capable, et il en avait beaucoup en réserve, depuis le temps (qu'il avait bêtement perdu à les plaindre, mais quel con !). Il les réduisit en bouillie fumigène (c'est pour la rime avec la suite). Puis, vestige ultime de son pouvoir perdu, il s'ouvrit les veines.
(putin c'est beau, je m'émeuxXXL moi-même !)

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26 septembre 2007

Des gars dingos et des dégâts...

Dans la gargote, guignant la goutte de vin gouleyant dégoulinant au goulot de la gargoulette, un gringalet grégaire et élégant guettait la goulée grandiloquente d’un gros goujat négligé glougloutant à grands regains de gargouillis devant son nez.

Quand une grande gigue goguenarde dégoisa sur ce guignol, le garçon se gondola. La grande gueule bègue, qui se gargarisait le groin, grognant sa gaieté, s’étrangla et les enguirlanda :
« Dis donc g-g-g-greluche, dégage, ou tu g-g-g-goûteras de mon gourdin. Et toi g-g-g-gaga g-g-galopin, g-g-gage que tu rigoleras moins, q-q-quand j’aurais g-g-garni ta g-g-grue g-g-grivoise de mes g-g-grelots. Hein, gigolo, tu seras tout de g-g-g-guingois comme un g-g-gardon déglingué quand j’aurais gentiment g-g-g-gagné les rounds au g-g-gong ! En g-g-garde !», engageant ainsi une guéguerre grotesque.

Le gourou anglais guindé, gérant du lieu, sortit gris-gris et goupillon, et agit. Il guida le gros gougnafier galvanisé et groggy hors des murs graffités, et l’engonça dans une guitoune une place trop petite. Ensuite, de son laguiole aiguisé, il en fit du gras double gratuit pour ses clients gâtés, en se disant « Ces glands gloutons du dimanche ergotent pour un rien. Gracieux God, la graisse de ce Gargantua est glabre. Et avec tout ce jus de grappes, ses gigots seront goûteux. ». Puis il regagna sa gargote.

Quand le galapiat agrippa son poignet, il gigota, gêné…
« Ah, Gringo, quelle galère, ces gangsters grimaçants. C’est pire que la gangrène qui grignote les ganglions. Pire le goulag ! 
...Oh, j’ai la gueule de bois, j’m’déglutirais bien un grog !» grommela le gandin dégrisé soudain par le regard glacé du gourou dingue ensanglanté. Pas si gris ni gogo, le gringalet languide dégagea vers les gogues en gueulant « Fo que je dégaze !».
Mais le gourou gâta son dégagement. D’un gant agrafant la joue du gogol, il se gaussa : « Hey, grigou, tu gatouilles ? Sois gai, ris donc, c’était un gag ! Moi c’est Caligula. Et toi ? Niguedouille, I guess ?»

Notalagon (remix après la galèje de la Trollette) : engore pas dormi. Degout (Pouarf !) (pour ceux que ça "gné ?" c'est "debout") depuis 3H30. Gnenaimarre...

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04 juillet 2007

Ado - Les sens - Fin (Essai plumitif).

Il les regarda, l’un après l’autre, fixant chacun d’entre eux.
-Je vois que la majorité ici se sent complètement innocente et ne voit pas du tout de quoi je parle. Va-t-il falloir que je vous rafraîchisse la mémoire ? Que je vous rappelle, moi, votre propre histoire, celle que vous avez construite jour après jour, celle qui détruit vos propres enfants sans que ça vous pose le moindre problème ?
Puisqu’il faut que les choses soient dites et entendues, on va commencer par le coupable le plus évident de tous. Et le plus couvert par tous.
Il revint devant le Taureau, qui regardait le tapis d’un air furieux. Celui-ci, s’extirpant du canapé avec une vitalité incroyable pour ses 79 ans, sauta au cou de la Bête en hurlant :
-NON ! NON ! Tu ne diras rien, je te l’interdis.
Sib-IL attrapa de ses deux mains les deux poignets du Taureau qui tentait de l’étrangler.
Un os craqua, et le vieux tomba à genoux, tenant son poignet en criant de douleur. Ses pleurs et ses injures s’adressaient à un mur. Juste retour des choses.
Se détournant de lui, IL regarda les autres. Recroquevillés sur eux-mêmes, tous se souvenaient à présent, de ce qu’ils avaient vu, de ce qu’ils avaient subi. La mémoire leur revenait, de ce qu’ils avaient tu, de ce qu’ils avaient caché. De ce qu’ils avaient fait subir en retour… Le feu leur montait au visage . Chacun d’entre eux sût exactement ce qui L’avait amené là, devant eux. Comme quoi il n’en fallait pas tant que ça pour réveiller les mémoires. Juste du pouvoir, de la terreur, de la vérité. Personne ne fait face à sa vérité s’il n’y est pas obligé.
-Amusant. Mon domaine c’est plutôt le mensonge, d’habitude, pas la vérité ! Tous ces mensonges que vous avez faits, je les connais, je connais tout de vous. Chacun d’entre vous est moi aussi. Vous allez donc rejoindre cher papa et chère maman à la cave… Ils ont eu quelque problème de court circuit hier soir, ils errent dans le noir, mais je ne doute pas qu’en vous voyant, ils retrouveront la lumière…, dit-il en ricanant.
IL fit lever tout le monde. Ils avaient les yeux hagards, une expression perdue. Comme hypnotisés, ils descendirent à la cave sans poser la moindre question. Sib-IL ferma soigneusement la porte derrière Lui. En les voyant arriver, la Fouine et le Mulot retrouvèrent un peu de lucidité. Secouant la tête comme s’il s’éveillait d’un sommeil profond, le Mulot s’assit par terre, aux pieds de sa femme.
-Alleeeeeeeeez, tout le monde assis ! Ils se mirent tous par terre, péniblement pour les vieux. Ils regardaient Sib-IL, ne sachant que trop bien qu’il n’y avait rien à faire pour Lui échapper.
IL entassa des cageots, des vieilles planches, brisa le vieux bureau et en posa méthodiquement les morceaux sur le tas, au centre du demi-cercle qu’ils formaient. Puis IL souffla dessus et les cageots s’enflammèrent timidement d’abord. Puis les planches s'embrasèrent…

Debout devant les flammes qui commençaient à enrager, comptant sur ses doigts, Sib-IL chantonna :
-La lâcheté. La bassesse. La violence et la haine. Les mensonges. L’hypocrisie. L’humiliation. La rancune. L’amertume.
Un sourire carnassier éclaira son visage d’une joie enfantine. Alice ouvrit la bouche pour parler, mais avala de la fumée et fut prise d’une quinte de toux inextinguible.
-Oui, je crois que c’est tout ce que t’as à dire, toi… D’autant que c’est impoli d’interrompre celui qui parle. Je n’avais pas fini… Parce qu’il y a  surtout le report de tout vos sentiments glauques sur les plus faibles d’entre vous à chaque génération plus intensément : les enfants. Elle est joliiiiiiiie votre famille ! Oh je vous rassure, elle ressemble à la majorité des familles en ce bas monde…
Mais ça ne vous excuse pas. C’est un scandale ! Je suis outré et vraiment très fâché ! Comment voulez-vous que je m’éclate alors que vous faites tout à ma place !? Je m’ennuie à mourir depuis des centaines d’années ! Vous plongez dans le mal quelques années après votre naissance, quand ce n’est pas à peine quelques mois ! Certes ça me réjouit de voir que j’ai parfaitement atteint le but que je m’étais fixé après que le Grand Salaud m’ait balancé ici, mais qu’est ce que ça me gooooooooooonfle !
J’ai donc décidé de faire un peu de nettoyage chez les êtres humains, histoire de retrouver le plaisir de pouvoir vous tenter avec le Mal, gouzi gouziiiiii ! Non mais c’est vrai quoi, yen a marre de tout ce bordel ici, il est où le temps où c’était difficile ? Où vous nous envoyiez bouler ? Où on se lançait des défis, et où on faisait des paris pour savoir ce qui vous ferait tomber de notre côté, en combien de temps ça arriverait ? Ya plus aucun intérêt… Ras le bol, tout ça va changer ! On va restaurer un peu d’amour par ici !
Et sur 6 milliards d’êtres humains, Sibylle a gagné le grand tirage au sort ! VOUS AVEZ GAGNE, VOUS ETES LES PREMIERS que je viens chercher directement ! Vous êtes contents ?
Bien installée comme dans une arène, une assemblée de petits démons mangeant des pop-cornées et buvant du blood-coca apparut à la place des murs. Des écrans géants retransmettaient les mines effarées des quatre humains dépassés par les évènements, qui toussaient et pleuraient, inhalant la fumée qui s’accumulait dans la cave désormais étanche… Satan leva les bras et ils se mirent à applaudir à tout rompre en hurlant. Il les baissa, ils s’arrêtèrent.
La Vieille Bourge se leva, tourna sur elle-même lentement, les yeux grands ouverts, plein de larmes. Puis elle tomba à genoux et se mit à prier en toussant… Sib-IL leva les bras : la foule de diablotins se mit à la huer et à rire à gorge déployée.
-Tu ne peux pas te sauver, même pas par la prière, elle ne vient pas de ton cœur... Il n’y aurait que l’amour qui aurait pu vous sauver. Mais vous ne savez même pas ce que c’est ! Aucun d’entre vous ne le sait. AHAHAHAAAaaaahahahahaaaaaaaa ! 
Les uns après les autres, ils s’écroulèrent, suffoquant… Le feu se mit à rugir et dévora tout sur son passage, accompagné du rire démoniaque de son maître qui s’y laissa engloutir avec délices.

Le monde : 30 Avril 1995. Rubrique des faits divers.
29 Avril 1995. Un anniversaire tourne au drame : six adultes membres d’une même famille meurent dans des conditions atroces. Malgré tous leurs efforts, les pompiers n’ont pu venir à bout des flammes « hautes comme des immeubles » selon les témoignages. Seule survivante, la fille aînée que l’on a retrouvée inanimée dans le jardin. Elle est actuellement à l’hôpital, victime de vapeurs toxiques dégagées par les flammes, mais ses jours ne sont pas en danger. Il semble cependant qu’elle soit devenue amnésique.

ZE END.

Merci pour votre attention et votre patience...

(Pour les nouveaux, pour lire du début, aller dans la catégorie "Plumitif - Essais", chaque post porte un numéro... A la demande générale de la Trollette, les liens : Episode 1 - Episode 2 - Episode 3 - Episode 4 - Episode 5 - Episode 6- Episode 7 - Episode 8 - Episode 9)

Posté par Tatooa à 08:08 - Plumitif - Essais. - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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