J'ai toujours mon activité de bénévole à la bibliothèque. En ce moment, nous sommes en plein changement, de logiciel, de fonctionnement (puisqu'on est maintenant en réseau sur plusieurs bibliothèques, ce qui est génial puisque l'offre en bouquins est multipliée par 10, peut-être plus que ça, même !).

L'ensemble du personnel de la bibliothèque, ainsi que nous, les bénévoles, avons donc eu droit hier à une journée de formation sur le nouveau logiciel, avec un type de la société. Etant déjà familiarisée avec les logiciels de gestion en réseau et travaillant à distance, je n'avais pas vraiment besoin de la formation informatique, mais j'y suis allée pour que la responsable du pôle lecture voit qu'on ne serait pas totalement "à l'ouest", même si je crains que certaines bénévoles n'aient besoin d'acquérir l'esprit "carré" nécessaire pour que tout ça fonctionne au mieux, mais on verra à l'usage.

Après pour le fonctionnement "en réseau" des bibliothèques, bien sûr c'était nécessaire que j'y sois pour comprendre les allées et venues des livres entre elles.

J'en viens donc à mon sujet : La "méchanceté ordinaire", celle que tout le monde "voit" mais qui passe totalement inaperçue... Celle qui renvoie dans ses barres l'air de rien, sans un mot, sous le nez de tous, sans que ça choque personne...

Comme 2 autres des bénévoles j'avais prévu de manger avec tout le monde au resto. Mais je devais aller chercher ma voiture pour aller chercher ma fillotte au lycée entre-temps. Je suis donc arrivée bonne dernière, et la seule chaise restante était en bout de table, face à une autre bénévole, et à côté du formateur. Qui a passé l'heure et demi du repas à me tourner ostensiblement le dos quand il ne mangeait pas, m'empêchant ainsi de suivre les conversations de l'autre côté de la table, entre lui et les "salariés importantes" des bibliothèques, et m'obligeant à ne discuter qu'avec mes deux vis-à-vis, une salariée "secondaire", on va dire, et une bénévole, qu'il a superbement ignorées aussi. J'm'en foutais, la bénévole en face de moi est une ex-enseignante fine et intelligente au regard aiguisé, donc les conversations ont été intéressantes. A un moment elle a regardé l'autre côté de la table et m'a dit avec un petit sourire "oh, ça parle boulot. Nous on n'est "que" bénévoles"... Or, on était 8 en tout, autant dire qu'on aurait quand même pu avoir des discussions "de tablée". Eh ben non, tout ça "grâce" à ce sagouin.

Même si plus grand chose ne m'étonne venant de mes contemporains, et que plus j'avance en âge et plus je me fous royalement de les emmerder par ma simple existence un peu trop "solaire", sans doute (il n'a peut-être pas apprécié que j'arrive sur une grosse bécane, ou mes tatouages, ou mon assurance concernant l'utilisation de son logiciel, ou tout ensemble, que sais-je, c'est son problème, pas le mien !), j'ai trouvé ce comportement assez sidérant venant d'un formateur commercial de société privée. Une chose est sûre, si un jour il cherche du boulot par ici, c'est pas chez nous qu'il en trouvera...