Plumes et Dragons

Mes aventures de la vie de tous les jours... humour, rigolade, ou tristouille, et tout le reste... Et n'en déplaise aux mauvais coucheurs, rien n'est libre de droit sur ce blog : à propos du copitage sauvage : http://nziem2.over-blog.com/article-22673695.

19 juin 2008

Plus vénère que moi tu meurs...

Il fait super beau.

Et j'ai le pneu arrière de la GSR crevé. Un joli trou en plein milieu de la bande de roulement, qu'on dirait que j'ai roulé sur une punaise ou un clou,de façon vraiment esthétique, très très artistique, le trou... Sauf que normalement, quand on roule sur une punaise ou un clou, ça reste dans le pneu !
Et là, ya plus la punaise ou le clou, en plus, ce qui fait qu'il se dégonfle vite... bizarotankétrange.

Moi je vous le dis, c'est pas que je sois parano, mais vivement qu'on ait un garage qui ferme à clef. c'est pour cet été normalement...

Rdv vendredi matin pour réparation.

LES BOUUUUUUUUUULES !

Et en plus je sais pas comment je vais l'amener. En roulant comme une lopette

Edit du 19 : il ne se dégonfle pas trop vite, ça devrait aller. Finalement je vais changer les pneus, puisque de toute façon c'était prévu pour juillet. Donc rappel pour savoir s'ils ont toujours leur créneau de cette aprème... pf, ouateugalère...

Posté par Tatooa à 08:39 - Coups de gueule (de dragon) - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Relation perverse et traumatisme. Fin

Notre compréhension du traumatisme.

Ces avancées modifient notre conception du trauma. Nous en arrivons à une vision du traumatisme beaucoup plus dynamique et réaliste, tel qu'il se présente dans ces pathologies à la fois graves et beaucoup plus fréquentes qu'on ne le pense. Loin d'être un acte isolé, subi dans un passé lointain par un individu, il s'approche plutôt d'une constellation relationnelle pathologique permanente. Alors que dans un contexte névrotique, le traumatisme représente un accident, il est, dans un contexte de relations familiales perverses, une sorte de norme. [...]

L'une des données fondamentales de ces relations perverses est donc l'agir psychique. C'est vers ce registre que tendent la plupart des mécanismes décrits par Racamier dans ses dernières années : extragir, transagir, expulsion du deuil, emprisé, inanisation, etc... Nos recherches nous ont également amenés à percevoir, en amont de ces stratagèmes dévastateurs utilisés par ces patients ou leurs parents, un vide intérieur saisissant, effrayant, consternant, tout à fait masqué par une façade trompeuse d'adaptation sociale. C'était ce même vide qu'avait aperçu Racamier, qui le décrivait ainsi :

"La souffrance de mes malades (note de la scribe : psychotiques et schizophrènes) est un vide qui stérilise alentour, un vide qui centrifuge, qui expulse, qui essaime, se multiplie : un vide empli d'anti-matière psychique, travaillant à ronger, à dilacérer, à stupéfier, travaillant à détruire la vie de la psyché".

Examinons maintenant comment, précisément, s'effectue cette exportation chez l'autre. Pour notre part, nous décririons une séquence de ce type (note de la scribe : dans la relation thérapeutique patient/psychothérapeute, mais c'est valable pour toute relation avec un pervers narcissique) :

1er temps : Il est de tous le plus mystérieux. Que veut véritablement ce type de patient ? Il n'en sait probablement rien, il ne ressent vraisemblablement qu'un simple mal-être, innomable et dont il exclut radicalement toute perception.
2e temps : Provocation de l'autre, sans sens précis, injection.
3e temps : l'autre croit répondre à une sollicitation normale, réagit, répond, s'émeut (sauf s'il est lui-même pervers, alors il ne fera rien.)(note de la scribe : ou s'il a appris à l'usure que face à un mur, tout ça ne servait à rien.)
4e temps : le pervers observe ce qu'il a déclenché, s'en nourrit, apprécie, s'amuse même.
5e temps : le pervers attaque ce qu'il a déclenché, pour activer l'autre, le mettre en détresse ou le faire agir encore et ainsi de suite.

EN voici brièvement un exemple, que nous développerons plus loin. Un couple, à l'apparence très jeune mais qui en réalité approche la quarantaine et est marié depuis quinze ans, a consulté l'un de nous sur le conseil de  son médecin généraliste. Monsieur, sur un ton aimable, dit qu'il trouvait que "la situation était un peu drôle car l'omnipraticien avait cru qu'il battait ses enfants.". Tous deux présentaient en effet des hématomes. Cette suspicion parraissait l'amuser ; mais elle n'avait suscité chez lui ni trouble ni réflexion. Le médecin, après ce constat, les avait convoqués en couple pour deux entretiens au cours desquels ils s'étaient querellés de façon si âpre que le médecin les avait engagés à consulter un thérapeute de couple.

Sans entrer ici dans les détails de l'analyse de la situation, nous pouvons noter que ce couple apparait dénué de tout affect alors que le médecin se voit, lui, envahi d'affects et de pensées intenses et contradictoires (inquiétude, sollicitude, perplexité ou rage d'être ainsi utilisé, etc); puis nous voyons que le couple observe sa réaction et s'amuse de ce qu'il a déclenché chez lui: enfin, qu'il l'attaque en ironisant en le disqualifiant.
On observe dans cette séquence la complexité et la puissance  de ces processus, qui les rapprochent des mécanismes décrits pour la psychose.

Cela explique peut-être une autre caractéristique de ces relations perverses, que nous avons constatée : leur inéluctabilité. Vous n'y échappez pas. Vous, nous, l'enfant, l'entourage, bref, tout ceux qui s'y trouvent impliqués n'ont aucune prise sur cette dynamique dictatoriale qui leur est imposée sans faille aucune. C'est là l'un des aspects les plus affligeants de cette dynamique perverse, qui plonge celui qui en est victime dans le plus grand des isolements. Ceux qui l'ont vécue témoignent de l'horreur qu'il y a à se voir ainsi maltraité, abusé, sans aucune voie de recours, ni même d'explication. Pire, certains expliquent même que leurs tentatives défensives pour s'extraire de ces violences ne faisaient qu'accroitre l'emprise des autres sur eux, ce qu'ils mettaient en rapport avec l'image de sables mouvants.

Cet aspect inamovible, incontestable, nous fait présumer l'existence, derrière ces attaques, d'une forme de ce que nous appellerions, après Racamier, un délire dans la relation (Racamier avait parlé de délire dans le réel, "façon de délirer à l'intérieur d'objets réellement existants"). Outre sa véhémence, ce mécanisme préoccuperait par son aspect masqué. Inapparent, lové dans une réalité évidente, incontestable, comme un bernard-l'ermite dans la coquille d'un buccin, il se soustrait ainsi à toute critique. L'aspect délirant, rendrait aussi intelligible le vécu insupportable de celui qui s'y trouve impliqué et qui, quoi qu'il fasse ou pense, ne peut évidemment jamais satisfaire celui qui le tourmente. Il se trouve en effet incarner une partie délirante du Moi de l'autre. Lorsqu'il s'agit d'un enfant, il est réduit à l'état de fétiche enclos dans la personne du pervers :
"il est comme un organe" dit Racamier, "ce qui va beaucoup plus loin que d'être un objet fonctionnel ou de parure ou même de complèment narcissique. L'objet narcissique représente, constitue, incarne une partie toujours essentielle de la psyché du séducteur narcissique. C'est une incarnation narcissique : pour ainsi dire un fétiche."

Ce fétiche, ou ce que nous appellerions plutôt, moins sexuellement, un "objet non objet", nous diront qu'il doit exister sans vraiment être. Racamier avait bien saisi ce jeu dramatique avec l'existence de l'autre. "[...]Il s'agit de tarir le désir que l'objet pourrait à la fois éprouver, inspirer, et représenter. Il s'agit de tarir les représentants fantasmatiques du désir chez l'autre afin de les évincer en soi."
Mais nous complèterions cette description magistrale en ajoutant qu'il s'agit d'un jeu paradoxal : destruction, certes, mais aussi induction de désirs qui, ensuite, vont être détruits.

L'objet non objet ne doit donc exister que par ce que le pervers y expulse de lui-même. Il doit être dépourvu de toute vie propre. Tous les moyens vont être bons pour l'y contraindre. L'inanisation de l'autre est encore un concept forgé par Racamier, qui dénie toute valeur à ce que dit l'autre.  Nos thérapies fourmillent d'exemples de cette manoeuvre qui fait que les patients, après une intervention de notre part, continuent leur récit comme si de rien n'était. Désobjectalisation est un autre terme employé plutôt par Green, mais qui va dans le même sens. En voici un exemple horrifiant qui montre jusqu'où cela peut aller ; il provient du témoignage de Primo Levi, interné dans un camp de concentration :
"Pour rentrer à la Buda, il faut traverser un terrain vague encombré de poutres et de treillis métalliques empilés les uns sur les autres. Le câble d'acier d'un treuil nous barre le passage ; Alex [le Kapo] l'empoigne pour l'enjamber, mais, Donnerwetter, le voilà qui jure en regardant sa main pleine de cambouis. Entre-temps, je suis arrivé à sa hauteur : sans haine et sans sarcasme, Alex s'essuie la paume et le dos de la main sur mon épaule pour se nettoyer ; et il serait tout surpris, Alex, la brute innocente, si quelqu'un venait lui dire que c'est sur un tel acte qu'aujourd'hui je le juge, lui et Pannwitz et tous ses nombreux semblables, grands et petits, à Auschwitz et partout ailleurs." (Levi 1987).

Nous percevons, à travers cette terrible évocation que nous avons atteint un domaine du fonctionnement psychique inouï, extrême, situé nettement au-delà du principe de plaisir. Le concept de perversion nous avait peut-être induits malgré nous à entrevoir de la libido dans ces échanges. Mais il nous faut abandonner ces prémisses rassurantes - car curables - et suivre André Green lorsqu'il dit que :
"La perversion cesse d'être une manifestation de sexualité et ne s'éclaire vraiment que si l'on y inclut le travail de la pulsion de mort" (Green 1990).

Nous entrons alors de plein pied dans le thème de la réaction thérapeutique négative qui nous paraît être le paradigme de la relation de tels couples avec nous, mais aussi entre eux. A. Green, dans le Discours Vivant : " Ce qu'apprit la réaction thérapeutique négative était qu'au delà d'un conflit, pourtant âpre, entre pulsions sexuelles et pulsions  de conservation, puis entre libido objectale et l'intérêt pour le Moi, un autre type de conflit se révélait, celui entre pulsions de vie et pulsions de destruction." (Green 1973).
Racamier disait, de son côté, que la pensée perverse n'opérait que dans la disjonction et la déliaison.

Ce saccage aboutit donc à déshumaniser l'autre, ce qui était particulièrement horrifiant dans l'exemple de Primo Levi, mais qui peut se passer à bas bruit, dans la plupart des relations perverses, avec les enfants notamment. Non seulement leurs désirs ne seront pas reconnus, non seulement leur sexualité se verra stimulée dans le but d'assouvir les besoins des adultes, mais leur existence même leur sera déniée. La plupart de ces patients ne nous disent-ils pas, plus tard, lorsqu'ils parviennent à parler d'eux-mêmes, qu'ils ne se sentent pas exister, qu'ils se sentent vides, ou qu'ils n'avaient aucune place dans leur famille ? Green, lui aussi, a mis la désobjectalisation en relation avec la déshumanisation :
"Pour pousser la destructivité suffisamment loin à l'égard de l'autre, la condition indispensable à la réalisation de ce projet est de le désobjectaliser, c'est à dire de lui retirer sa propriété de semblable humain."

Cette perspective nous amène à examiner un dernier point de cet approfondissement des dévastations psychiques sur les enfants, mais aussi à l'oeuvre au sein des couples ou envers les thérapeutes. Il s'agit de l'attaque du sens. Ce sens est bien, en effet, ce que nous cherchons à comprendre au travers des symptomes présentés par nos patients et à faire apparaitre par le travail des soins.  Ce sens est même une donnée primordiale, fondamentale postulée dans tous les rapports humains. Or,  nous constatons que le sens des interactions, de ce qui se passe au sein de la famille ou avec les thérapeutes est précisément au coeur de ce que vise la destructivité. perverse. Pour citer encore Green :

"Le mal est sans pourquoi parce que sa raison d'être est de proclamer que tout ce qui est n'a aucun sens, n'obéit à aucune ordre, ne suit aucun but, ne dépend que de la puissance qu'il peut exercer pour imposer sa volonté aux objets de ses appétits, on notera que je ne dis pas son "désir" car le terme serait ici impropre ; beaucoup trop "civilisé". Le mal est sans pourquoi parce qu'il n'y a pas de pourquoi." Green 1990.

Cette lutte entre une recherche de sens et une volonté délibérée de l'escamoter est bien ce qui caractérise souvent nos thérapies avec ces familles perverses.

(Extrait de Saccages psychiques au quotidien, de Maurice Hurni et Giovanna Stoll, éditions L'harmattan)

Posté par Tatooa à 08:07 - Je lis, j'ai lu, ou je relis... - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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