"Géraaaaaaaaaaaard, atteution, fo pas dépasser les bornes des limites !"

Ouaip. Mais si, j'y vais... Si je dépasse les bornes des limites, vous me direz, hein !
Allons-y gaiement, même si dans le fond c'est po marrant...

Pour faire suite au point n° 7 du tag et aux posts récents.
Au vu du su que vous avez lu précédemment,
forcément, j'ai eu du mal à accepter mon corps, je commence tout juste à prendre réellement plaisir à être sa locataire... J'en ai appris à juger le moins possible sur les apparences. Pour de vrai, hein. Même si certaines apparences me font rire (j'ai le droit de rire après tout, non ?). Par contre j'ai un fichu sixième sens concernant le mensonge, l'hypocrisie, la jalousie, l'envie, la volonté de dominer la relation (quel que soit le moyen utilisé, y compris celui de se placer en victime, une des plus belles arnaques inventées par l'homme (et surtout la femme d'ailleurs))(merci moman).
Et depuis que j'ai beaucoup étudié à ce propos, et compris que rien ne sert d'essayer de sauver quelqu'un qui veut se noyer et dont le seul plaisir est d'attirer les autres dans son sillage (et yen a plein des gens comme ça, sisi je vous jure !), les sirènes du "sauveteur" ont beaucoup moins d'attrait pour moi. D'ailleurs dans la réalité, je suis moins bavarde que fût un temps (enfin ça dépend avec qui)... Je me tais et j'observe davantage. D'autant que rien ne sert d'alimenter les névroses d'autrui (surtout quand c'est pire après). Sauf pour s'amuser de temps en temps (sadique moua ?). 

Certaines personnes se permettent de me juger uniquement sur mon apparence d'aujourd'hui, (ah ça, ça débroussaille rapidement le terrain des gens VRAIMENT fréquentables et non fréquentables pour moi, ça se sent quasi instantanément).
L'avoir subi des années sans avoir rien fait pour ça, en culpabiliser, en avoir une estime de soi à 0 puisqu'on croit que c'est le regard de l'autre qui compte, puis dominer enfin ses peurs du regard des autres et de leur jugement pour le provoquer, c'est quelque chose d'incroyable pour soi-même. Si ma sciatique a commencé à disparaitre après m'être fait tatouer mon dragon, c'est parce que ça a agit sur cette image de moi. J'AI DECIDE de quelle image je voulais donner, au lieu que ce soit les autres qui me jugent sur une que j'avais pas choisie, une qu'ils voulaient eux et dans laquelle j'étais coincée...
C'est fascinant d'avoir enfin "la main", jouissif de voir les gens foncer dans les capes rouges qu'on agite devant leur nez. Et de les voir s'enfoncer dans leurs contradictions... Surtout ceux qui se prétendent ouverts, tolérants, intéressés par la personnalité plus que par l'aspect, attachés à la liberté... la leur oui. La leur seule. Même s'ils s'en servent pour détruire autrui... Ces gens là sont, contrairement à ce qu'ils pensent d'eux-mêmes, complètement enferrés dans les apparences qu'ils disent mépriser.

Car la leur, de liberté, oui, ils y sont tellement attachés que souvent, d'ailleurs, ils sont seuls, même si très entourés. Mais la liberté des autres, non, ils ne l'aiment pas du tout ! Elle les fait chier la liberté des autres. Celle qu'ils ont de leur dire non. ou merde. ou va chier... Car ils sont dans le contrôle. Et prêt à n'importe quoi pour contrôler l'autre, jusqu'à le détruire s'il le faut.
Si c'est pas être complètement bouffé par les apparences et l'image, ça, surtout les leurs, je veux bien bouffer mes chaussettes en ragoût !

Nombreux sont les tolérants avec ceux qui ont ou sont "moins" qu'eux. Pas avec ceux qui ont ou sont "plus", de leur point de vue. ça c'est un scandale pour les théatreux de la vie. Et ils aimeraient bien soit en avoir autant, soit détruire ce que l'autre a ou est capable d'être, et cette option là est tellement plus facile... Et ça, c'est pas "être quelqu'un de bien", malgré ce qu'ils croient... ET NON, je confirme, je ne suis pas charitable du tout. Plus. Particulièrement avec les hypocrites. j'en ai connu une comme ça, c'était ma grand mère. Ah non, deux, ya ma mère aussi. Epi des tas d'autres...

Accepter l'autre tel qu'il est, être "libre", donc, tant qu'on y a pas vraiment bossé, n'est qu'un voeu pieux, une jolie illusion.
Tant qu'on s'est pas rendu compte qu'on s'accepte même pas soi-même tel qu'on est, qu'on est toujours à se fustiger de quelque chose parce qu'on a appris que ça, on peut toujours courir après la "tolérance", et disserter sur "la liberté" que soit disant on s'accorde et on accorde aux autres. C'est que des mots vides. Aussi morts que soi à l'intérieur. Et qui, parce qu'ils n'ont aucun poids, n'entraînent rien dans la vie. Pas de poids, pas de réalité, pas d'amour vrai. Et ces gens-là, qui avancent masqués et sont incapables d'intimité, s'en étonnent, en plus... Et jalousent ceux qui y arrivent.

Seulement, avant d'y arriver, il faut regarder la réalité en face. Celle des autres. Et la sienne. ça passe impérativement, pour les ex-enfants qui ont beaucoup souffert, par et d'une se rendre compte qu'on sait pas aimer. Et ça fait mal. Très mal... Et de deux réaliser que si on sait pas c'est parce que, contrairement à ce qu'on a toujours voulu croire, on n'a jamais appris à aimer. Parce qu'on ne l'a jamais été.
Et que courir après l'amour de ceux qui sont infoutus de nous le donner depuis toujours nous bousille, surtout quand, nous adulte et eux vieux, ils se refusent encore et toujours à donner, ou alors font semblant, se dérobent, mentent, mais jamais ne prennent conscience de notre souffrance, nous, leur enfant, celui qu'ils auraient du essayer (au moins) d'aimer, essayer (au moins) de protéger, essayer (au moins) de comprendre. Mais avant tout le reste, qu'ils auraient du essayer d'écouter et d'accepter. TEL QUE... Et que ce n'est qu'en cessant de courir après tout cela qu'on en sort. et ça fait encore plus mal. Car, dans une famille dysfonctionnelle, pour l'ex-enfant qui fait un travail psy, la souffrance est quadruple.

1/Le passé est révolu et rien ne le changera. Mes parents ne savaient pas m'aimer. Ni le tyran. Ni celui qui n'a rien fait pour m'en protéger. Je n'ai été qu'un objet. Impuissance n°1.

2/Mes parents ne m'aiment pas. Ils m'ont demandé tant et plus de les aimer, de les comprendre, d'être indulgent, de ne pas les faire souffrir, sans JAMAIS n'en faire autant pour moi. En un mot, dans une famille dysfonctionnelle, comme les parents n'ont pas été aimés par leurs propres parents, ils demandent à leurs enfants de remplacer cela. En vain. Car ce qui n'a pas été reçu dans l'enfance est à jamais perdu. Voilà pourquoi des enfants s'épuisent en vain à se faire aimer de leurs parents. On ne peut donner que ce qu'on a reçu. Donc l'enfant ne pourra jamais donner à ses parents l'amour qui leur a manqué... Impuissance n° 2

3/je n'y peux absolument rien. Je n'y suis absolument pour rien. Il leur appartient à eux de changer. Et ils ne le désirent pas. Impuissance n° 3

4/Je dois lâcher l'espoir qu'un jour ils changeront. Qu'un jour ils m'aimeront. Qu'un jour ils me comprendront. Qu'un jour ils entendront ma souffrance. Qu'un jour viendra... Impuissance n° 4

Demandez à une ex-jeveucontrolétoucequejepeuhémêmcekejepeupa : l'impuissance, ça ravage. Parce que ce sont des deuils successifs à faire. Et fo pas se leurrer, les deuils sont à faire que les adultes de notre enfance soient vivants ou pas. Peut-être même est-ce encore plus dur quand ils ne sont plus là. Parce qu'on peut toujours croire "qu'ils auraient changé"... Pour avoir tenté de communiquer avec le mur qu'est ma mère comme une vraie malade (que j'étais) pendant les 5 premières années de ma thérapie (j'ai même fait une formation pour ça), ben j'ai sans doute la chance, toute relative, de savoir que pour moi, c'est foutu. Et que mon père, quoi qu'il advienne, a été, est et sera toujours son mari avant d'être mon père. Youpi.
Aujourd'hui j'estime ça plutôt normal. Mais qu'il ne m'ait pas protégée quand j'étais enfant, je ne trouve pas ça normal. Qu'il me rebatte les oreilles avec sa souffrance à elle sans jamais tenir compte de la mienne, ni celle du passé, ni celle du présent, ça non plus je trouve pas ça normal. De toute façon j'ai une famille que je trouve "pas normale". Accepter de venir d'une famille telle que celle là n'est pas évident non plus d'ailleurs.

Je crois que parfois certains préfèrent crever que faire face à toutes ces souffrances là. Crever et entraîner des gens avec eux. Comme l'homme qui se noyant appuie sur la tête de son sauveteur... Je sais ce que c'est, ces souffrances. Je peux comprendre même qu'on en ait si peur qu'on veuille les éviter à n'importe quel prix. Mais chacun adulte est responsable de lui-même et n'a pas à entraîner autrui dans sa noyade. C'est encore plus malsain que tout le reste.

Malheureusement il n'y a qu'une chose à faire : après avoir fait un gros ménage intérieur, il s'agit de tourner définitivement le dos au passé. Et de ne plus s'intéresser qu'à ce qui nous rend vivant. De plus en plus vivant. Et laisser les morts enterrer les morts.
Je dis ça alors même que je me débats encore avec parfois. Z'êtes témoins d'ailleurs. ça m'arrive de moins en moins et c'est de moins en moins "terrible", mais c'est dur quand même. Alors ça m'aide de me rappeler de temps à autres où est le chemin pour moi.