Parfois il faut parler des choses qui fâchent. J'utilise, comme ma Flamounette, l'été et la baisse de fréquentation des blogs pour ça...

J'ai admiré il y a peu quelqu'une qui a eu les couilles de parler de trucs lourds sur son blog. J'ai, depuis quelques temps, plusieurs posts en "brouillons". En attente. Peur de les poster, peur de parler, peur peur peur peur. Peur d'être prise pour une mytho, pour une cinglée, pour une qui fait dans la victimisation. Peur de pas être crue. peur que ma souffrance ne soit pas entendue. pas reconnue. minimisée. PEURS ! Noundizeus, il est peut-être temps que j'aille au delà de ces peurs. ça suffa mainteni !

Or donc voilà. j'ai vécu du lourd en matière de souffrances d'enfance. En parler ici et maintenant m'a paru un bon moyen d'exorciser certains silences que je suis obligée d'avoir vis à vis des personnes "impliquées", sous peine d'être encore plus stigmatisée que je ne le suis déjà par une certaine famille, ce que je refuse absolument, pour des raisons d'auto-protection. Donner le bâton pour se faire battre ne fait plus partie de mes comportements réflexes, mais dieu sait que j'ai beaucoup pratiqué...

Certains murs, je ne pourrai jamais les abattre. Ceux à qui j'en ai parlé font comme s'ils ne savaient rien. Ceux à  qui j'en ai pas parlé, je sais très bien ce qu'ils me diraient. Enfin, surtout ce qu'ils estimeraient : que je suis bonne pour l'asile psychiatrique, déjà que...
Ma souffrance ne compte pas pour eux. Elle n'a jamais compté. Alors que je me suis toujours préoccupée de la leur. C'est fou comme dans ma "famille", les enfants sont utilisés comme éponges à souffrance des adultes. Sans que jamais, jamais, ne soit considérée la leur, de souffrance. A l'enfant de comprendre, à l'enfant d'être indulgent, à l'enfant de pardonner. A l'enfant même de s'excuser et de ramper humblement aux pieds de ses bourreaux. S'excuser d'avoir été victime, d'avoir montré à ses parents qu'ils n'étaient pas si bons que ça, d'être né faible, pas conforme aux attentes, d'être né fille même. Incroyable mais vrai. Le monde à l'envers dès le départ.

Et si l'enfant enfant a un peu le droit de pleurer, ben l'enfant adulte, alors là, c'est le pompon : il n'a plus le droit de rien dire, surtout ne pas critiquer, ne pas manifester de souffrance. Tout est toujours ramené à celle des parents. L'enfant adulte ne souffre toujours pas. Même quand il veut mourir. Même quand il souffre physiquement. J'ai, pendant 3 ans, été clouée par une sciatique, JAMAIS mes parents ne m'ont demandé la moindre nouvelle, ni ne m'ont apporté le moindre soutien. Ce n'était sans doute pas assez grave, j'étais toujours pas dépendante d'eux. J'ai même fait, en 2004, en plein dedans, la sciatique, 450 km  pour voir ma mère pour discuter de nos problèmes de communication, ben elle n'a pas voulu que j'entre chez eux. Elle m'a laissée au portail sans que mon père n'y trouve rien à dire; Tout en disant à tout le reste de la famille que c'est moi qui ne voulais pas lui parler. Amusant non ?
Dans ma famille, l'enfant ne souffre pas. Surtout les filles, d'ailleurs. C'est du moins ce que ces vieux cons estiment...
Et  qui s'étonnent ensuite de comment tournent les relations avec leurs enfants. Ou comment tournent leurs enfants qui ne veulent pas rompre avec eux... hahaha. rire cynique et désabusé.

Demain la suite...