Ces changements d'heures me rendent un brin morositée et sombrifique. C'est comme qui dirait l'heure du corbac ! Le soleil qui tombe, plonk, à 18H, pf, c'est carrément dépressionaire. J'aimerais d'ailleurs que kunkun m'expliqua quelles économies d'énergie on fait en devant allumer les lumières une heure plus tôt, j'ai toujours pas compris, je dois être vraiment stupida ! Fissa fissa sur stupida...

J'ai toujours (nan pas toujours, j'ezagère, mais à partir de 94) mal vécu les deux mois avant Noel, on appelle ça la dépression saisonnière pour cause de manque de lumière & Co, peut-être que ça joue, mais j'ai todmême un léger doutaillon sur le fait que ce serait la seule raison.

Personnellement, je me méfie des "fêtes"... C'est l'occasion pour les acteurs de tous poils (entendez pour ma part la vieille génération) de sortir la grande scène du deux, celle oùsk'on se fait des cadeaux (ptin elle m'offre un bouquin "poche" quand je pense que j'y ai payé un truc qui vaut dix fois pus cher si j'avais su...) et des mamours par devant (Bonjour ma fille, biz biz les joues, je suis contente de te voir, tin, ils débarquent à 4, elle a rien amené pour bouffer, de toute façon je veux pas qu'elle entre dans MA cuisine, mais elle pourrait m'aider, tiens elle a mis la table mais les couteaux et les fourchettes sont pas du bon côté, pf quelle nulle ma fille, tiens elle est allée faire des courses mais elle a rempli le frigo que de trucs qu'elle aime elle aurait pu penser à moi quelle égoiste ma fille, tin elle va encore faire sa relaxation au lieu de rester avec nous quelle asociale ma fille, la voilà qui repart à discuter philosophie avec son père, quelle intello ma fille c'est bien la fille à son père,  Oh c'est l'heure d'aller se promener là, on a "otchozafer". Ma mère a toujours à faire faire autre chose à mon père dès lors qu'il s'intéresse à ma discussion censément être naze, anarchiste ou allumée limite bonne pour l'hopital psychiatrique, ou à moi ou à ma vie, à tel point que la dernière fois que j'y suis allée, on en a été réduit à devoir discuter la NUIT, quand elle dormait, j'INVENTE RIEN ! Mais à part ça c'est une sainte femme pas jalouse du tout...), Et, euh, je récapilute, parce que si je me suis plus vous devez plus suivre non plus : donc je disais donc : que les fêtes, pour mes chers zaïeux, c'est l'occase de sortir les plus beaux sourires de face de rat ou de profil, au choix, qu'on ait jamais vus, et où on destroille au hachoir à viandasse des mots, (si si il existe aussi et il est Ô combien plus jouissif que l'autre, puisque plus vicelard et quasi indétectable) plus ou moins poliment dans le même temps, par derrière ou par devant, c'est selon le mode de fonctionnement de chacun.

Chez ma mère c'est tout intérieur depuis que je suis adulte. Quand j'étais plus jeune c'était plus évident, forcément comme je voulais surtout pas voir les choses telles qu'elles étaient, je laissais dire et laissais passer... Maintenant elle se méfie de ce qu'elle dit devant moi, pour certaines choses j'ai une mémoire vive de poisson rouge, mais pour d'autres, je suis un vrai dictaphone, et comme ma mère est la reine de l'incohérence et des contradictions, elle préfère se taire plutôt que de me donner l'occasion de la coincer dans ses propres noeuds du zizi de la tête ! En plus, depuis 3 ans, je manquais pas une occasion d'ouvrir ma gueuleu qu'elle avait réussi à me faire fermer pendant plus de 30 ans par la terreur, pour les pointer, ses incohérences et ses imbecillités... Mais elle n'en pense pas moins !

Elle croit que ça ne s'entend pas, que ça ne se sent pas. Comme si on ne sentait pas l'espèce de brouillard épais, gluant, le nuage poisonneux de réprobation mortel de sa race, dont plus on essaie de se dépétrer et plus il vous enserre et vous étouffe, qu'elle diffuse dès qu'elle est en ma présence qui lui est insupportable depuis que je revendique que MA liberté, MON indépendance, MON être, MA façon de vivre et de penser A MOI sont tout aussi valables et dignes de respect que les siens. MAIS qu'il faudrait pourtant qu'elle supporte au nom de la sacro sainte croyance comme quoi "la famille c'est mon seul travail ma seule joie j'ai tout donné pour ça". ET surtout qu'il faudrait que JE supporte afin que les apparences d'une famille unie et aimante soient sauves. Ben NAN ! NAN et NAN ! Chez ma Flamounette je disais il y a peu "Bas les masques !", ben vala.

Le plus beau de tout étant, figurez-vous, qu'elle ressort texto à mon père (avant c'était à moi) des choses que je lui ai dites en parlant de moi. Du style "j'étouffe quand on est ensemble trop longtemps sous le même toit". ou "Je ne suis pas parfaite il faut m'accepter comme je suis". Ma mère est une des plus belles pros du retournage de crêpes (dont j'ai longtemps été, une crêpe, eh oui... pf) que je connaisse. Le hic c'est que pour ma part, mes réflexions amènent à des décisions qui se tiennent, qui sont donc logiques. Ce qui n'est pas son cas, incohérence oblige...

De mon côté, le constat "j'étouffe" m'amène à l'acte suivant : "D'une part je viendrai moins, on n'a pas tant de vacances que ça (à l'époque mon mari ne prenait que 3 semaines par an, et voui), et les vacances, c'est pas pour se bouffer la vie. D'autre part, si je viens par chez vous ou si vous venez par chez moi, on se prend un gite histoire d'avoir chacun son chez-soi, comme ça on est contents quand on se voit, mais on n'est pas les uns sur les autres 24H/24". Mais pour elle, ça, c'est insupportable. Nan médème, on nez-touffe quand on se voit, mais il faudrait le supporter. Et quand je lui ai demandé au nom de KOAAAAAAAA il m'aurait fallu le supporter (c'était il y a à peu près deux ans et demi)(après quoi elle a totalement refusé de me parler, le sens du dialogue de ma mère se réduit à "ou t'es d'accord ou tu sors", lollllll), elle a répondu "parce que moi je l'ai fait avec ma belle-mère, je l'aimais pas et je me suis sacrifiée à la recevoir un mois tous les ans". Ah bon ? (elle oublie de préciser qu'un mois entier, ça n'a été qu'après la mort de mon grand père, donc que ça n'a duré que 3 ans, ça. Avant, c'était beaucoup moins souvent et moins longtemps). (Et d'autre part elle oublie itou qu'elle-même est allée passer des vacances fort nombreuses chez ma grand mère et que ça l'arrangeait bien because prétexte manque de soussous pour aller ailleurs. Nice, c'est assez sympa pour les vacances d'été. Même chez la belle doche, Non?)

J'ai donc répondu à l'époque  "ah mais si tu t'es sacrifiée avé ta belle-doche et ta mère en espérant que j'en ferai autant, tu t'es trompée...". ça a donc été le début des deux années de silence, où elle a attendu que je m'excusasse de mon crime de leste majestaille consistant à ne pas être d'accord avec elle, à le dire, à refuser de sacrifier mon bien-être à ses apparences... ça avait marché ya 5 ans, elle a cru que ça remarcherait. BAN NAN !

S'excuser quand on fait du mal volontairement, (ou même pas), je veux bien, mais quand c'est l'autre qui se blesse tout seul avec mon désir d'autonomie, d'indépendance à tous les niveaux, y compris de pensée, ben j'en ai fini avec cette culpabilité là sur laquelle elle a joué (et fait jouer mon père, ma tante, etc) pendant 39 ans, à coups de "ma chérie, t'es une belle nulle", "je t'aime mais t'as tout les défauts de la terre en fait même t'es pas aimable t'es égoiste paresseuse etc", "je me sacrifie pour toi mafillechérikejém et tu me fais souffrir sale ingrate".

Ma mère est dans le fond une personne aigrie, désagréable, sèche, voire glacée. Elle sait souffler le froid et le chaud afin d'entretenir l'espoir qu'un jour, peut-être, après moultes efforts et sacrifices, je serai enfin aimable par elle. Ma mère attend désespérément de recevoir de moi l'amour qu'elle a pas eu de sa mère, en quoi je suis toujours et ne peut qu'être insatisfaisante, puisque je ne SUIS PAS SA MERE, crédidiou di bondiou di bourdel di mardre ! MAIS apparences obligent, elle donne exactement l'image du contraire, chaleureuse et généreuse. Et plein de gens se laissent prendre à cette image. Y compris dans ses proches.

Et elle me hait en prétendant m'aimer parce que maintenant, je sais qui elle est sous ses apparences, une enfant désespérée qui ne sait que faire mal à ceux qu'elle "aime" parce qu'elle a rien appris d'autre. Et je n'y peux rien. Ma mère est une pauvre femme morte vivante dans un bel emballage qui n'a rien de vrai de la tête aux pieds, et dont je n'espère plus rien depuis la fin de ma psychothérapie.

J'aime pas la période des fêtes. C'est à ce moment là que mon impression de vivre dans un théâtre permanent se réveille à mort... Il y a son anniversaire dans cette période là, aussi.

Et comme c'est la fête de tous les saints, aujourd'hui, ben je leur demande à tous : faites que je ne devienne pas comme ma mère, pleine de haine et de naigritude, et ne supportant ni l'amour, ni la tendresse, ni l'intimité vraie... Ca me rend un peu triste. Je vois mal comment ça pourrait me rendre gaite. C'est jour de deuil aujourd'hui. Voilà un an je souffrais mille morts et je pleurais une mer(e) de larmes devant ma psy... ça a changé. je ne suis plus qu'un peu triste. c'est sans doute ça qui m'évitera de devenir comme elle.

Amen.

Pour ceux qui s'inquièteraient outre mesure de mon bien-être, ne vous en faites pas : j'ai revu ma mère cet été au mariage de mon brother. Sans avoir fait d'excuses. C'est moi qui suis allée lui dire bonjour. C'est moi qui ait "mené la danse" du début à la fin. Bah voui :  j'ai mis très longtemps à l'accepter (merci ma psy), mais malheureusement, avec les gens qui ne connaissent que la relation de pouvoir et se refusent à en sortir, on ne PEUT PAS avoir une relation d'égal à égal. J'ai donc pris le rôle dominant. Non pas en faisant comme elle, c'est à dire en rabaissant l'autre, mais simplement en l'empêchant de me manipuler. ça a l'air idiot à première vue, mais quand un manipulateur ne sait plus par quel bout prendre sa victime parce que celle-ci n'entre plus dans ses petits jeux, ben il est comme un con.

Vala.